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Les propos
libres qui suivent visent à clarifier les critères
de choix entre les différentes possibilités de cartographie
interactive sur Internet. Le sujet est à la mode, ce qui
est plutôt bon signe pour les prestataires. Mais la compétition
est rude entre les différents candidats au standard le
plus standard, le plus légitime, le plus pro, le moins
cher, le plus compatible, le plus libre, le moins américano-américain,
etc.
Techniquement la cartographie interactive sur Internet est rendue
de 2 façons différentes :
sous forme
d'images bitmap fabriquées à la volée par
un serveur, spécialisé dans le traitement géographique.
Le navigateur affiche des images Gif ou Jpeg pourvues de zones
réactives ;
sous forme
d'images dessinées par le navigateur via des interprétateurs
spécifiques (Directx pour Internet explorer PC), la machine
virtuelle Java quand elle est installée, des programmes
clients additionnels (plugins) plus ou moins lourds et plus ou
moins spécialisés en cartographie, ou enfin l'intégration
en standard de l'interprétation du Svg. Si le navigateur
a la capacité d'envoyer vers un port d'impression (y compris
Acrobat Distiller) des données vectorielles, on parlera
d'images vectorielles, garantie d'exports ou d'impression de haute
précision, sinon d'images bitmap dessinées à
la demande par le navigateur. Exemple pris totalement au hasard,
le lecteur Flash imprime en vectoriel, le lecteur Svg d'Adobe
imprime en bitmap. En fait, une image est toujours traduite en
bitmap au moment où elle est affichée ou imprimée,
l'important est qu'elle perde sa source vectorielle le plus tard
possible.
La première technique est la plus robuste : elle garantit
que l'application cartographique internet sera visible immédiatement
sur tous les navigateurs, sauf ceux qui ne sauraient pas lire
le Gif ou le Jpeg (mais je n'en connais pas beaucoup). Elle est
aussi la plus pauvre en qualité visuelle, en qualité
d'impression, en rapidité d'affichage grand format ou en
interactivité. Curieusement, elle reste aussi la plus chère...
Elle est proposée par tous les grands éditeurs SIG,
sur la base d'une installation d'un logiciel spécialisé
sur le serveur internet. Elle suppose incidemment de disposer
d'un serveur d'hébergement Internet costaud sur lequel
on puisse installer ses propres logiciels, ou de louer les services
d'hébergement d'un prestataire spécialisé
en location de serveurs cartographiques.
La seconde technique, qui déporte une part plus ou moins
importante des traitements vers le poste client, est donc utilisée
de façon très diverse. Elle est aussi, par sa -
relative - jeunesse, le théâtre de mythologies, de
tentatives de désinformations plus ou moins volontaires,
distrayantes et obstinément répétées.
Elle oppose dans un premier temps les technologies spécialisées
des grands éditeurs SIG (Esri, Mapinfo, Autodesk...) aux
formats vectoriels généralistes (Flash, Svg). En
second lieu, elle provoque un débat très animé
entre les flasheurs et les svgistes.
Comme elle implique le navigateur client, objet par définition
plus hétérogène, moins maîtrisable
qu'un serveur, elle est soumise à trois impératifs
simples pour quiconque souhaite toucher un public non confidentiel
:
garantie
que la technique de visualisation du format (plugin, Java) soit
compatible tous navigateurs, plus précisément connaissance
de l'état présent de cette compatibilité
et de l'implication future des éditeurs concernés
en la matière. Bons candidats : les grands éditeurs
SIG qui développent et étendent de tels plugin depuis
plus de 3 ans et Macromedia qui en a fait une stratégie
prioritaire dont les objectifs sont aujourd'hui atteints à
100 %, avec la sortie fin 2002 de la version 6 pour Linux) ; Coté
Svg, Corel a été l'acteur le plus dynamique fin
2002 et début 2003, avec la sortie d'un lecteur et d'un
outil de développement. La communauté des développeurs
Svg attend avec impatience la réaction d'Adobe et surtout,
la publication de la version 6 de son lecteur, probablement début
2004 (une version pré-alpha est actuellement téléchargeable).
Révision février 2005 : toujours rien de nouveau
coté Adobe.
un poids du plugin raisonnable (moins de 1 Mo à télécharger,
et encore) : avec ses 400 ko, Flash laisse très loin derrière
les autres plugins, qui dépassent allègrement les
2 Mo. Les solutions Java, qui utilisent la machine virtuelle du
même nom quand le navigateur fonctionne avec mais voilà,
ce n'est pas toujours le cas, et il s'agit alors de plus de 10
Mo à installer. Par ailleurs les programmes Java ne sont
pas toujours stables, pour en rester à l'euphémisme,
et tout l'applicatif doit être rechargé à
chaque utilisation. Alors que les plugins, une fois installés,
prennent en charge définitivement nombre de fonctions de
base. Quant à l'intégration des fonctions de lecture
vectorielle en standard dans les navigateurs, si Svg est le standard
recommandé par le W3C, Microsoft continue de privilégier
VML et n'annonce rien d'autre. Mozilla devait rendre possible
la lecture en standard du Svg. Mais l'objectif n'est pas encore
atteint et sa part de marché est très faible. Si
Microsoft finit pas par intégrer Svg, ce ne sera pas, dans
le meilleur des cas, avant au moins 2 ans, soit pour un diffuseur
grand public, 3 ou 4 ans avant que la diffusion de la version
concernée du navigateur ne soit suffisamment large.
un plugin déjà largement diffusé. Voici les
résultats d'un relevé trimestriel organisé
par un institut indépendant :
Statistiques d'équipement en plugins
d'affichage d'images (Etats-Unis) :

Source : NPD Research - Médiametrix,
décembre 2004
Méthodologie : enquête trimestrielle auprès
de 2 000 personnes, invitées à tester à l’écran
si elles voient le même contenu proposé dans chacun
des formats ci-dessus.
En décembre 2004, 90 % des internautes européens
sont équipés de la version 7 de Flash (97 % de la
V6).

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